Mésaventures bancaires

Mésaventures bancaires

Update du 26/10 à 18h : mes cartes sont de nouveau actives, grâce à l’efficacité des services clients de la BNP et de la Boursorama sur Twitter. Comme quoi, les nouveaux médias sont bien plus efficaces que les coups de téléphone stériles.

Depuis jeudi, je suis privé de mes moyens de paiement. L’histoire serait presque cocasse si elle ne révélait pas les dysfonctionnements des systèmes d’information interbancaires.

Rappel des faits : je deviens client de Boursorama au début 2011, quittant sans regret la BNP Paribas, selon moi à la traîne dans les nouvelles technos et bien gourmande en frais bancaires.

Jeudi 20 octobre 2011, j’introduis innocemment ma carte bancaire dans le distributeur mais celui-ci ne veut rien entendre. Un peu tendu, je vérifie sur Internet le solde de mon compte, qui comme prévu est positif. En revanche, une mention « carte bloquée » est apparue.

Pour la faire courte, après plusieurs coups de fil à droite et à gauche, j’apprends en quelques minutes que :

  • Mon propriétaire a déposé le chèque de caution que je lui avais fait il y a presqu’un an lors de mon emménagement (après m’avoir prévenu bien sûr)
  • Que ce chèque était malheureusement émis de mon ancien compte BNP Paribas, fermé depuis 10 mois (oui, j’aurais du vérifier que tous les chèques avaient bien été touchés avant de fermer le compte) ;
  • Que la BNP a essayé de me contacter à une ancienne adresse postale, alors que la banque possédait la bonne, ainsi que mon numéro de téléphone et mon email, et que je n’ai donc jamais eu les avertissements légaux à temps ;
  • Que, le compte étant clos depuis 9 mois, leur système d’information a réagi en me signalant à la Banque de France ;
  • Que je suis désormais fiché au Fichier Central des Chèques de la banque de France,  m’interdisant d’émettre tout nouveau chèque (sympa hein ?) ;
  • Que Boursorama, suivant ses conditions générales d’utilisation très zélées, a décidé de bloquer tous mes autres moyens de paiement (cartes bancaires y compris), alors que l’interdiction bancaire ne touche techniquement que les chèques. On ne sait jamais, je suis peut-être un bandit de grand chemin.
  • Que je me retrouve donc sans moyen de paiement. Zéro. Nada. Frustration intense que constitue le fait ne pas pouvoir utiliser l’argent qui est sur son compte en banque.

Malgré la régularisation de la situation dès vendredi 21/10 à la BNP (remise du chèque incriminé),  je suis toujours interdit bancaire aujourd’hui. La faute à des délais de traitement particulièrement longs : « D’ici 7 à 15 jours » me dit-on côté BNP.

Vous pourriez me dire : il l’a bien mérité, il aurait du vérifier que tous ses chèques étaient bien débités. Certes, j’aurais du. Mais je trouve complètement irréaliste que la Banque de France, qui possède toutes les informations bancaires d’un individu, se contente de diffuser un interdit bancaire, alors qu’elle pourrait faire bien mieux.

Imaginons la scène différemment : la BNP reçoit ce chèque sans provision et en informe la Banque de France. Celle-ci, constatant que je possède un autre compte, actif celui-ci, et possédant les liquidités suffisantes pour régler ce chèque, demande à Boursorama de régler la somme à la BNP. Et le problème est réglé : le propriétaire encaisse son chèque et je ne suis jamais interdit bancaire.

En fin de compte, je me vois obligé de prier que tout soit rétabli avant que mon hébergeur (ou Amazon) essaye de débiter la carte bloquée.

Deux conclusions donc :

  1. Pensez à vérifier que tous vos chèques ont été encaissés, même les chèques de caution, quand vous clôturez un compte.
  2. Nous aurons fait un grand pas vers la fluidité bancaire quand les informations de solvabilité seront traitées au niveau de l’individu et non au niveau du compte bancaire.

Et cher Boursorama, si vous passez par ce blog : je trouve vos services en ligne excellents. Mais ce blocage des cartes bancaires – alors qu’on parle de chèques – est à la limite de l’usage abusif de mes fonds. J’espère que vous saurez faire preuve rapidement de compréhension.


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