Le CEO de Careerbuilder parle du marché et du futur des job boards

Matt Ferguson, CEO de Careerbuilder, a participé à une session de questions-réponses organisée par Stifel Financial Corp. Il y a notamment affirmé que le business des job boards n’avait pas souffert de l’émergence des métamoteurs (Indeed, Simply Hired) et qu’il ne souffrirait pas de l’arrivée des business model à la performance. En revanche, il a avoué que les réseaux sociaux étaient aujourd’hui à la fois la plus grande menace et la plus grande opportunité.

C’était pour faire court. Car Matt Ferguson a bien sûr commencé par égratigner Monster au sujet de son nouveau Power Resume Search, dont on a beaucoup parlé dans la presse et dans les blogs… du moins aux US. Ce service est censé améliorer la recherche de candidats via recommandations et critères de filtrage. D’après Ferguson, cela ne sert pas à grand chose, puisque la plupart des clients passent par leurs ATS (Applicant Tracking System) pour gérer les candidatures. Par ailleurs, il arrive bien tard sur le marché puisque Careerbuilder possède son moteur de recommandation depuis 5 ans. Entre nous, il ne pouvait bien sûr pas dire le contraire. Néanmoins, je trouve que l’argument des ATS tient la route.

Ensuite, il a donc évoqué les différents business models du marché, ce qui a bien sûr éveillé mon intérêt. Matt Ferguson pense que le “pay per hire” (paiement à l’embauche) ne percera pas. Pour lui, un job board reste un support publicitaire pour les entreprises. J’imagine qu’il pense que le paiement à la performance reste l’apanage des cabinets de recrutement, et effectivement, la démarche n’est pas la même. Cependant, introduire un prix variable en fonction de la qualité des CV pourrait être un juste milieu. C’est d’ailleurs l’avis de Monster. Avec les complications et les problèmes d’éthique que cela engendrerait…

De la même manière, il ne voit pas les métamoteurs remplacer les job boards à terme. Pour la bonne raison que les plus gros clients de ces métamoteurs sont… les job boards. Je partage son avis sur ce point : les métamoteurs sont des nouveaux entrants en amont de la chaîne de valeur, mais ne sont pas de réels concurrents. La valeur réside toujours dans l’offre d’emploi. Sachant que personne n’est à l’abri d’un coup “à la Keljob”…

Enfin, il considère que les réseaux sociaux dans leur ensemble présentent une menace pour les job boards. Il s’agit d’un challenge à relever et d’une formidable opportunité. Le partenariat Careerbuilder/Facebook s’inscrit dans cette logique.

Bref, un entretien intéressant qui nous permet de connaître l’avis du leader américain sur l’état et les perspectives du marché.

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