Allez-vous acheter des actions Facebook ?

Le 25 novembre, Facebook a annoncé avoir modifié sa structure de capital. Désormais, il existe deux types d’actions au sein de l’entreprise : des actions de type A à droit de vote standard, et des actions de type B à droit de vote étendu. D’après les informations du Financial Times, le multiple serait de 10. Concrètement donc, un actionnaire possédant une action de type B obtient 10 droits de vote associés.

Pour les fondateurs et les actionnaires historiques, cette opération est une bénédiction : il suffit de conserver environ 7% des actions de l’entreprise pour contrôler 50% de ses droits de votes, et de facto l’entreprise. Un noyau dur d’actionnaires peut donc faire la pluie et le beau temps, sans se préoccuper de la majorité silencieuse. Et encore plus fort : si une action de type B est vendue, celle-ci perd automatiquement son droit de vote étendu et se transforme en action de type A. Une façon efficace de récupérer sa plus-value sans mettre son pouvoir en péril.

Facebook n’a rien inventé et s’inspire ici des modèles mis en place par Google, mais aussi le New York Times et le Washington Post. Vous pouvez lire la lettre de Page et Brin envoyée aux actionnaires lors de l’introduction en bourse de Google.

Revenons donc à la question posée dans le titre : allez-vous acheter des actions Facebook ? Bien sûr, ce n’est pas pour tout de suite, mais tout semble converger vers une IPO à l’horizon 2010-2011. L’entreprise va d’ailleurs lancer une très belle campagne marketing par le biais du film « The Social Network » réalisé par David Fincher, qui devrait sortir en 2010. Quoi de mieux pour convaincre les petits porteurs que de les faire s’identifier aux personnages de cette success-story ?

Revenons à nos moutons. Si je dois acheter des actions Facebook, que vais-je considérer ?

  1. La valorisation de l’entreprise. Soyons clairs, je ne vais pas investir sur les valorisations hallucinantes des années passées. Il me faut des chiffres (qui devront être communiqués) avec une estimation des revenus futurs sur plusieurs années. Bien plus donc que les quelques infos qui circulent ça et là sur le web.
  2. Le business model. Là encore, la notice présentée à la SEC par Facebook nous renseignera sur la stratégie de revenus de l’entreprise à moyen long terme. De quoi nous rassurer, ou nous faire fuir.
  3. La pérennité de l’entreprise. Sachant que contrairement à Google, la position de Facebook semble plus fragile : peut-on craindre une « next big thing » ? Myspace a bien été détroné par Facebook en quelques années. Et l’épée de Damoclès reste le respect de la vie privée des internautes…
  4. Le caractère avare des sociétés web en bourse. Très peu de dividendes distribués : Google reste une exception. J’investis donc en espérant quelques bulles spéculatives sur le titre et une bascule avantageuse à la revente des titres.

Si j’ai toutes les infos, et que tous les voyants sont au vert, il est fort probable que j’investisse lors de la future introduction en bourse de Facebook. Et vous ?

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